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Certificats d'économies d'énergie : que finance concrètement le dispositif ?

Que financent les CEE : rénovation énergétique résidentielle et tertiaire, transport électrique, programmes d'État cofinancés. Mais un dispositif menacé de suppression pour pallier la hausse du carburant.

Posté le 22/09/2026 par PrimesÉnergie.fr

Que financent les CEE

Chaque année, plusieurs milliards d'euros sont injectés dans l'économie française pour financer des travaux d'économies d'énergie. Cet argent ne vient pas du budget de l'État : il est supporté par les fournisseurs d'énergie, dans le cadre d'une obligation légale créée en 2006 et révisée tous les trois à cinq ans. La cinquième période de l'obligation a débuté en 2022.

Le périmètre de ce que financent les Certificats d'Économies d'Énergie est bien plus large que ce qu'imaginent la plupart des bénéficiaires. Derrière la prime énergie que perçoivent les particuliers pour leur isolation ou leur pompe à chaleur, le dispositif des CEE finance aussi la transition vers la mobilité électrique, des programmes nationaux de déploiement de bornes de recharge, et une partie des aides destinées aux ménages en situation de précarité énergétique.

Comment ça fonctionne : les fournisseurs d'énergie, dit les « obligés », sont tenus d'atteindre chaque année un quota d'économies d'énergie. Ils le satisfont en finançant des travaux chez des tiers, particuliers, entreprises, collectivités, ou en achetant des certificats auprès d'opérateurs CEE qui les ont produits. La prime énergie est la contrepartie versée aux bénéficiaires de ces travaux.

Le transport électrique : particuliers et professionnels

Depuis 2021, le volet transport des CEE est l'un des plus dynamiques. Pour les particuliers, la prime énergie finance l'achat ou la location d'un véhicule électrique neuf, sans condition de revenus pour la prime de base. Les ménages modestes bénéficient de bonifications supplémentaires, et depuis septembre 2026, les grands rouleurs des classes moyennes qui dépendent de leur voiture pour travailler peuvent également accéder à une aide renforcée, ouverte jusqu'à la fin de l'année. Le marché de l'occasion électrique entre lui aussi dans le périmètre : une opération créée en septembre 2026 ouvre la prime énergie aux rachats de véhicules électriques d'occasion, une première.

Du côté des entreprises et des flottes, les CEE financent le passage aux véhicules utilitaires légers électriques, mais aussi aux poids lourds, autocar, autobus et camions-benne. Mais aussi l'infrastructure qui conditionne toute la transition : les bornes de recharge. Le programme Advenir, piloté par l'Avere-France, a mobilisé 520 millions d'euros de financements CEE pour déployer des bornes en immeuble collectif, en entreprise et sur voirie. Plus de 140 000 points de recharge ont déjà été financés sur un objectif de 250 000 d'ici 2027. Sans ce programme, le réseau de recharge français serait aujourd'hui très en retard sur la demande.

La rénovation énergétique : résidentiel et tertiaire

Dans les logements, les CEE couvrent les deux grandes familles de travaux qui font baisser la facture d'énergie : l'isolation et le chauffage. L'isolation des combles, des murs et des planchers bénéficient de primes par geste pour des rénovations au meilleur rapport coût/économies. Le remplacement d'une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur, un chauffe-eau solaire ou un poêle à granulés donne lieu à des primes plus élevées que pour une installation neuve, précisément parce qu'il supprime une consommation d'énergie fossile. La ventilation et les fenêtres complètent ce panorama. Le dispositif contribue par ailleurs au financement d'une partie des aides « MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur » proposées par l'Anah pour les rénovations globales.

Les CEE ne s'arrêtent pas aux logements. Entreprises, bailleurs sociaux, collectivités et exploitants tertiaires financent également leurs travaux via le dispositif : isolation de bâtiments professionnels, modernisation de systèmes de chauffage collectif, éclairage basse consommation. Ces opérations sont moins visibles du grand public, mais elles pèsent lourd dans le volume total de certificats générés chaque année.

Le débat sur la suppression des CEE dans la campagne présidentielle

La flambée des prix à la pompe a fait entrer la question de la suppression des CEE dans le débat public présidentiel. L'argument avancé est direct : en supprimant l'obligation qui pèse sur les distributeurs de carburant, le prix à la pompe pourrait baisser de 15 à 20 centimes par litre, soit jusqu'à 10 € d'économie par plein de 50 litres.

La contrepartie serait tout aussi directe. Les CEE financent aujourd'hui une part significative des primes à l'achat de véhicules électriques, des bornes de recharge et des travaux de rénovation énergétique. Les supprimer reviendrait à assécher les ressources qui permettent précisément de sortir de la dépendance au pétrole. Autrement dit : baisser le prix de l'essence aujourd'hui, au risque de ralentir la transition qui permettrait de ne plus en dépendre demain.