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Indemnité carburant gros rouleurs : prolongation après le 1er octobre 2026

Le gouvernement prolonge l'aide carburant de 100 € pour les grands rouleurs au-delà du 1er octobre. Flambée liée aux tensions géopolitiques, rôle des CEE dans la transition, et prime énergie jusqu'à 7 500 € pour un véhicule électrique.

Posté le 18/09/2026 par PrimesÉnergie.fr

Aide gros rouleur prolongée

Le gazole dépasse 2,39 € le litre, l'E10 s'établit au-dessus de son record de 2022, et aucun signal de détente n'est perceptible à court terme. Pour les travailleurs qui roulent beaucoup, la facture devient insoutenable. Bonne nouvelle ce 18 septembre : le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé sur TF1 que l'aide carburant de 100 € pour les grands rouleurs ne s'arrêtera pas le 30 septembre comme prévu. La réunion de lundi autour du Premier ministre Lecornu en précisera les modalités.

L'aide gros rouleurs prolongée : ce que c'est, qui peut en bénéficier

L'indemnité carburant « gros rouleurs » est un versement direct de 100 € destiné aux travailleurs qui dépendent de leur véhicule et dont les revenus ne dépassent pas un certain plafond. Elle cible un angle mort des aides à la mobilité : les salariés et indépendants qui ne peuvent bénéficier ni du leasing social (réservé aux cinq premiers déciles) ni d'un remboursement employeur suffisant pour absorber la hausse du carburant.

Trois conditions cumulatives s'appliquent :

  • Être en activité : salarié du public ou du privé, travailleur indépendant, agent de la fonction publique.

  • Rouler pour travailler : effectuer plus de 15 km aller-retour entre le domicile et le lieu de travail, ou parcourir plus de 8 000 km par an à titre professionnel.

  • Être sous un plafond de ressources : le dispositif cible les ménages modestes et des classes moyennes inférieures.

Environ trois millions de personnes sont éligibles. À ce jour, 1,5 million n'ont pas encore fait leur demande. Maud Bregeon les a appelés explicitement à se manifester sur impots.gouv.fr. Si vous faites partie de cette moitié qui n'a pas encore agi, les nouvelles modalités issues de la réunion de lundi pourraient être différentes des actuelles. Faire sa demande maintenant, avant le 30 septembre, reste la stratégie la plus sûre.

Pourquoi les prix s'envolent et ne vont pas redescendre vite

La flambée de septembre n'est pas conjoncturelle. Trois facteurs structurels se cumulent depuis la fin août.

Le premier est la reprise des tensions autour du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole. Un accord de désescalade entre l'Iran et les États-Unis avait soulevé des espoirs en juin. Le 30 août, les frappes ont repris. Le 11 septembre, l'Arabie saoudite a fermé temporairement son oléoduc Est-Ouest après des attaques de drones, supprimant la principale voie de contournement du détroit. La réunion diplomatique prévue via Oman pour amorcer une sortie de crise a été reportée sans nouvelle date. Le deuxième facteur est la poursuite des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui réduisent les exportations de produits raffinés et pèsent particulièrement sur le marché du diesel. Le troisième est le maintien des coupes de production OPEP+, qui refuse d'ouvrir davantage les vannes.

Le baril de Brent oscille entre 108 et 110 dollars. Jean-Noël Barrot a prévenu le 17 septembre que la situation « pourrait encore s'aggraver ». Le seuil des 3 € le litre est désormais évoqué par les analystes sans être écarté.

Le rôle des CEE : une part du prix à la pompe réinvestie dans la transition

Ce que peu d'automobilistes savent : les distributeurs de carburant comme TotalEnergies ou Esso figurent parmi les « obligés » du dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie. En tant que fournisseurs d'énergie, ils sont tenus d'atteindre chaque année un quota d'économies d'énergie ou d'acheter des certificats auprès d'autres acteurs. Ce coût de conformité est partiellement répercuté dans le prix à la pompe, à hauteur de quelques centimes par litre.

Ce mécanisme peut sembler paradoxal : vos pleins financent en partie la transition vers les alternatives au carburant. C'est précisément sa logique. Les CEE sont un système de redistribution où les acteurs qui vendent de l'énergie fossile contribuent à financer les économies d'énergie des consommateurs, qu'il s'agisse d'isolation, de pompes à chaleur ou de véhicules électriques. Pour un grand rouleur, ce même dispositif finance la prime énergie qui peut lui permettre de se passer de carburant.

Jusqu'à 7 500 € de prime énergie pour passer au véhicule électrique

Payer son carburant 2,39 € le litre, c'est aussi le meilleur argument pour envisager le passage à l'électrique. La prime énergie, financée par les fournisseurs d'énergie dans le cadre des CEE, peut atteindre 7 500 € pour l'achat ou la location longue durée d'un véhicule électrique neuf.