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29 % des fenêtres françaises sont encore en simple vitrage

Selon une étude de l'UFME publiée en janvier 2026, près d'un tiers des fenêtres seraient encore en simple vitrage, alors que MaPrimeRénov s'arrête en septembre pour ce type de travaux

Posté le 05/08/2026 par PrimesÉnergie.fr

Etude simple vitrage 2026

Le chiffre donne le vertige. En 2025, 29 % des 282 millions de fenêtres installées dans les logements français sont encore équipées d'un vitrage unique, le fameux simple vitrage que les professionnels considèrent depuis des décennies comme l'un des pires isolants thermiques qui soit. C'est le constat dressé par l'étude publiée par l'UFME (Union des Fabricants de Menuiseries Extérieures) en janvier 2026, menée par le cabinet TBC Innovations.

À cela s'ajoute un problème encore plus massif : 61 % des fenêtres françaises sont équipées d'un double vitrage dit de première génération, installé entre les années 1970 et le milieu des années 2010, dont les performances thermiques sont aujourd'hui jugées insuffisantes par les standards actuels. Autrement dit, moins de 10 % du parc de fenêtres en France répond aux exigences d'isolation que l'on est en droit d'attendre d'une rénovation énergétique sérieuse.

Les chiffres de l'étude UFME (janvier 2026) : 282,3 millions de fenêtres en France. 29 % en simple vitrage (soit environ 82 millions de fenêtres). 61 % en double vitrage de première génération (soit environ 172 millions). Moins de 10 % en double vitrage performant de deuxième génération ou mieux. Depuis 2000, 127 millions de fenêtres ont été rénovées. Il en reste au moins autant à rénover.

Un parc vieillissant et sous-performant

L'étude UFME a qualifié l'ensemble du parc de fenêtres résidentielles en France métropolitaine. Ses auteurs ont croisé les données de recensement du parc de logements (58 % des logements français ont été construits avant 1990) avec les données de vente et de remplacement de fenêtres depuis les années 1950.

Le résultat est clair : la France compte 9,6 fenêtres par maison individuelle et 5,6 par appartement, pour un parc total de 282,3 millions d'unités. Parmi elles :

  • 82 millions de fenêtres en simple vitrage (29 % du parc total). Elles affichent un coefficient de transmission thermique Ug de l'ordre de 6 W/m².K : six fois plus laissant passer la chaleur que les meilleurs vitrages actuels.

  • 172 millions de fenêtres en double vitrage de première génération (61 % du parc). Installés entre les années 1970 et le milieu des années 2010, ces vitrages présentent un Ug de l'ordre de 3 W/m².K et un coefficient de transmission thermique global de la fenêtre (Uw) entre 3 et 4,5 W/m².K. Largement insuffisant selon les standards actuels.

  • Moins de 10 % seulement correspondent à des vitrages performants de deuxième génération, avec un Uw inférieur à 1,4 W/m².K.

La situation est particulièrement marquée en appartements, où les propriétaires sont souvent contraints par les décisions de copropriété : 23 % des fenêtres d'appartements sont encore en simple vitrage, contre 6 % seulement en maisons individuelles. En revanche, les appartements comptent davantage de double vitrage de première génération (30 %), fruit des rénovations successives réalisées par des syndicats de copropriétaires attachés au moindre coût immédiat.

Pourquoi le double vitrage de première génération est aussi un problème

L'étude insiste sur un point souvent ignoré : le simple vitrage n'est pas le seul enjeu. Le double vitrage de première génération, qui représente l'essentiel des fenêtres à rénover selon les auteurs (73 % des fenêtres peu performantes restant à rénover sont des DV1, contre seulement 27 % de simple vitrage), est devenu structurellement insuffisant pour plusieurs raisons.

  • Des performances initiales déjà limitées : un Uw entre 3 et 4,5 W/m².K au moment de la pose, à comparer avec le Uw de 1,0 à 1,1 W/m².K des doubles vitrages haute performance actuels. Soit un facteur trois à quatre d'écart de performance.

  • Un vieillissement qui aggrave les choses : l'étanchéité à l'air des menuiseries se dégrade avec le temps. Les joints s'usent, les cadres se déforment légèrement. Un double vitrage de 1990 qui fonctionnait déjà mal se retrouve aujourd'hui à des niveaux de performance réels encore inférieurs à ses caractéristiques initiales.

  • Un double vitrage sans verre peu émissif : les DV1 ont été posés avant que la technologie du verre à couche peu émissive (Low-E) se généralise. Sans cette couche, les transferts de chaleur par rayonnement à travers le vitrage ne sont pas limités. C'est précisément ce que corrige le double vitrage de deuxième génération.

Comparatif des coefficients : simple vitrage : Ug = 6 W/m².K / double vitrage 1re génération : Ug = 3 W/m².K / double vitrage haute performance actuel : Ug = 1 W/m².K. Passer du simple vitrage au double vitrage performant, c'est diviser par six les pertes de chaleur par le vitrage. Passer du DV1 au DV2 performant, c'est les diviser par trois.

L'impact énergétique : jusqu'à 27 % de réduction des besoins de chauffage

Les bénéfices du remplacement de fenêtres peu performantes sont documentés de longue date. L'étude du Cabinet Pouget Consultants, réalisée pour l'UFME dans le cadre de ces travaux, chiffre l'impact sur des logements représentatifs :

  • Le remplacement de fenêtres en simple vitrage par des fenêtres à double vitrage performant réduit les besoins en chauffage de 24 à 27 % selon la zone climatique, en logement collectif.

  • En termes de consommation d'énergie, les économies atteignent 40 à 60 kWh/m²/an, soit plus de 18 % des consommations réglementaires.

  • À l'échelle nationale, le remplacement des fenêtres peu performantes permettrait d'éviter 1,2 million de tonnes d'émissions de CO2 chaque année.

Ces chiffres replacent les fenêtres dans leur juste rôle dans la rénovation énergétique. Souvent présentées comme un geste secondaire par rapport à l'isolation des murs ou au changement de chauffage, elles constituent en réalité un levier significatif, notamment dans les logements anciens construits avant 1975.

L'aide MaPrimeRénov' pour les fenêtres disparaît en septembre

C'est ici que les chiffres de l'étude prennent une résonance particulière. Alors que ce bilan révèle l'ampleur du retard du parc français, le gouvernement a confirmé en juin 2026 la suppression du financement MaPrimeRénov' par geste pour le remplacement des fenêtres à compter de septembre 2026.

Cette décision, présentée comme un recentrage sur les rénovations les plus efficaces, s'applique à l'un des gestes de rénovation dont l'impact est pourtant le mieux documenté. En appartement notamment, où la copropriété rend souvent impossible une isolation des murs par l'extérieur ou le remplacement du chauffage collectif, le changement de fenêtres représente parfois le seul levier accessible à un propriétaire de manière autonome.

L'UFME avait d'ailleurs demandé, dans le cadre de la diffusion de cette étude, l'élargissement des aides au remplacement du double vitrage de première génération, arguant que ces 172 millions de fenêtres représentent un gisement d'économies d'énergie considérable. La décision du gouvernement va dans le sens inverse.

La prime énergie prend le relais

La suppression du remplacement des fenêtres dans le parcours MaPrimeRénov' par geste ne signifie pas la disparition de toute aide. La prime énergie (CEE) continue de financer ce geste, sans interruption et sans condition de revenus.

Les fenêtres restent éligibles à la prime énergie sous condition de performance : le coefficient de transmission thermique Uw de la fenêtre posée doit être inférieur ou égal à 1,3 W/m².K (sauf en remplacement de simple vitrage dans certains territoires d'Outre-mer). C'est un critère que les fenêtres double vitrage de bonne qualité satisfont sans difficulté.

La prime énergie peut également être combinée avec la TVA réduite à 5,5 % applicable sur la fourniture et la pose, dans les logements achevés depuis plus de deux ans.

Simulez votre prime énergie pour vos fenêtres

MaPrimeRénov' disparaît pour les fenêtres simple vitrage en septembre 2026. La prime énergie, elle, reste accessible sans condition de revenus. Simulez gratuitement le montant auquel vous avez droit avant de signer votre devis.

Article publié le 27 juillet 2026. Sources : UFME (Union des Fabricants de Menuiseries Extérieures), « Qualification du parc existant de fenêtres simple vitrage et double vitrage 1re génération », synthèse publiée en janvier 2026, étude réalisée par TBC Innovations ; étude Cabinet Pouget Consultants pour l'UFME.