Après une baisse du prix du gaz de 4,8 % en juin, une nouvelle hausse entre en vigueur le 1er juillet 2026. Elle ne porte pas sur la même composante que les variations mensuelles habituelles, et sa mécanique mérite d'être comprise pour anticiper correctement l'évolution de votre facture dans les prochains mois.
Prix du gaz : ce qui change le 1er juillet
Le tarif d'acheminement du gaz naturel, appelé ATRD7, augmente de 5,87 % en moyenne au 1er juillet 2026. C'est la Commission de régulation de l'énergie (CRE) qui l'a annoncé le 20 avril 2026.
Cette hausse porte sur la part distribution de votre facture, c'est-à-dire le coût du transport et de la distribution du gaz par les réseaux de GRDF jusqu'à votre domicile. Elle ne porte pas sur le coût du gaz lui-même, qui est calculé séparément chaque mois par la CRE selon les cours des marchés de gros.
Le tarif d'acheminement représente environ un tiers de la facture hors taxes d'un foyer résidentiel. Une hausse de 5,87 % sur ce tiers se traduit donc par une augmentation de l'ordre de +1,5 % sur la facture globale TTC, selon l'estimation de la CRE.
Pour un foyer consommant 11 200 kWh par an (consommation moyenne d'un logement chauffé au gaz selon les données GRDF), cette hausse représente environ 2 à 3 euros par mois supplémentaires sur la part acheminement.
Pourquoi cette hausse ?
L'ATRD7 est le tarif défini pour la période 2024-2028. Il évolue mécaniquement chaque 1er juillet selon une formule fixée par la CRE en 2024, qui intègre plusieurs composantes :
- L'inflation (+1,3 %) : c'est la part liée à l'évolution des coûts d'exploitation et de maintenance des réseaux.
- La baisse des volumes transportés (+3 %) : GRDF encaisse 245 millions d'euros de moins que prévu depuis le début de la période tarifaire, essentiellement parce que les volumes de gaz transportés par client diminuent (-18 TWh) et que le climat plus doux réduit la consommation de chauffage (-4 TWh). Le tarif intègre un rattrapage plafonné à +3 % pour récupérer ces recettes manquantes.
- La péréquation nationale (+0,57 %) : introduite par la loi de finances 2026, elle aligne les tarifs des entreprises locales de distribution (ELD) sur ceux de GRDF au niveau national.
La combinaison de ces éléments (1,3 % + 1,91 % + 3 % + 0,57 %) donne la hausse totale de 5,87 %.
Le contexte de la facture depuis le début de l'année
Pour comprendre l'effet cumulé sur la facture d'un foyer en offre indexée, voici les variations successives depuis le 1er janvier 2026 :
| Date |
Variation |
Composante |
Impact facture globale |
| 1er janvier 2026 |
Stable |
Fourniture |
— |
| 1er mai 2026 |
+15,4 % |
Prix du gaz (matière première) |
+environ 6 €/mois |
| 1er juin 2026 |
-4,8 % |
Prix du gaz (matière première) |
-1,26 €/mois |
| 1er juillet 2026 |
+5,87 % |
Tarif d'acheminement |
+environ 2 €/mois |
Les deux hausses (mai et juillet) ne portent pas sur la même composante, mais elles s'ajoutent sur la facture finale. La baisse de juin efface partiellement la hausse de mai sur la partie matière première, mais la hausse de juillet sur l'acheminement vient s'y superposer.
Qui est concerné ?
Cette hausse s'applique à l'ensemble des 10 millions de foyers abonnés au réseau de gaz naturel en France, qu'ils soient chez un fournisseur en offre indexée ou en offre à prix fixe.
Un point souvent mal compris : les offres "à prix fixe" ne garantissent généralement que la composante fourniture (le coût du gaz lui-même). La composante acheminement (ATRD) reste variable dans la quasi-totalité des contrats résidentiels, même en offre dites "fixe".
Une tendance structurelle
Cette hausse reflète un mécanisme documenté que le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a modélisé dans une étude publiée en mai 2026 : à mesure que des ménages quittent le réseau de gaz pour se tourner vers d'autres modes de chauffage (pompe à chaleur, chauffage électrique, réseau de chaleur), le coût fixe du réseau est réparti sur un nombre de clients de plus en plus réduit. Ce mécanisme pousse mécaniquement les tarifs d'acheminement à la hausse, indépendamment des cours du gaz sur les marchés de gros.
Le BEUC prédit que la facture annuelle des foyers restant au gaz pourrait augmenter de 317 euros d'ici 2030 par rapport à 2024, et ce même si ces foyers consomment moins de gaz.
Ce que ça change selon votre situation
- Vous chauffez votre logement au gaz et envisagez de le remplacer : cette hausse s'ajoute à celles qui l'ont précédée. Le coût réel du maintien d'un chauffage au gaz à horizon 2030 sera très probablement supérieur à ce que votre facture actuelle laisse supposer.
- Vous avez déjà installé une pompe à chaleur et n'utilisez le gaz que pour la cuisine : l'impact de cette hausse reste limité en valeur absolue, puisque votre consommation de gaz est faible.
- Vous êtes locataire d'un logement chauffé au gaz collectif : cette hausse se répercutera probablement sur vos charges de chauffage à l'issue de la prochaine régularisation.
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Ce qui reste incertain pour juillet
La CRE a précisé que la hausse du tarif d'acheminement de +5,87 % "ne préjuge en rien du niveau de l'évolution du prix du gaz au 1er juillet". La composante fourniture du gaz sera recalculée sur la base des cours de marché d'avril-mai 2026 et annoncée séparément par la CRE. Elle pourra évoluer à la hausse ou à la baisse, indépendamment de la hausse de l'acheminement.