L’arrêté du 18 mai 2026 a officialisé la réforme des certificats d’économies d’énergie (CEE) pour les véhicules utilitaires légers électriques. En vigueur à partir du 1er juin 2026 et valable jusqu’au 30 juin 2029, ce texte change en profondeur la logique des aides : les montants varient désormais selon le poids du véhicule, et les bonifications maximales sont réservées aux modèles fabriqués dans l’Espace économique européen (EEE).
Pour une entreprise ou une collectivité, la prime peut atteindre 7 250 € sur les grands volumes, contre environ 3 700 € dans l’ancien système et sans distinction selon la taille du parc.
Pourquoi ce changement ?
L’ancien dispositif avait deux limites. Les montants ne reflétaient pas la réalité des différentes catégories de véhicules : un petit fourgon et un grand volume recevaient la même prime, alors que leur coût et leur empreinte carbone diffèrent considérablement. Les aides finançaient par ailleurs indifféremment des véhicules produits en France, en Turquie ou en Chine.
La réforme corrige les deux : elle module les montants par poids et conditionne les bonifications à la fabrication en Europe, dans la même logique que le bonus écologique appliqué aux voitures particulières électriques.
Les nouveaux montants de prime énergie pour les utilitaires
Trois tranches de poids définiront le montant de la prime bonifiée, réservée aux véhicules fabriqués dans l’Espace économique européen et figurant sur la liste établie par l’ADEME.
| Poids du VUL |
Prime énergie bonifiée |
| Inférieur ou égal à 1,55 tonne |
2 088 € |
| De 1,55 à 2 tonnes |
4 514 € |
| Supérieur à 2 tonnes |
7 250 € |
Deux conditions pour accéder à la prime bonifiée
Pour bénéficier des montants du tableau ci-dessus, deux conditions doivent être remplies simultanément.
Première condition : le véhicule devra être assemblé dans l’Espace économique européen, c’est-à-dire dans l’Union européenne, en Islande, en Norvège ou au Liechtenstein. Le critère est strict : si un modèle est produit sur plusieurs sites dont l’un situé hors EEE, l’ensemble est considéré comme non européen.
Deuxième condition : le modèle devra figurer sur la liste officielle publiée par l’ADEME. Cette liste sera disponible à partir du 29 mai 2026, puis actualisée le dernier jour ouvré de chaque mois.
Les camions électriques aussi concernés
La réforme s’applique également aux camions électriques et aux autocars ou autobus, selon les mêmes principes.
| Catégorie |
Régime applicable |
| Camions porteurs 3,5 à 12 t |
Prime bonifiée, sous condition de fabrication EEE |
| Camions 12 à 26 t |
Prime bonifiée, sous condition de fabrication EEE |
| Bennes à ordures ménagères |
Régime inchangé |
| Retrofit électrique |
Régime inchangé, toutes catégories |
Les montants varient selon la catégorie et le prix de marché des CEE. Pour les collectivités et les entreprises de transport, une simulation auprès d’un obligé ou d’un mandataire spécialisé permet d’obtenir une estimation précise.
Un barème désormais réservé aux personnes morales
À partir du 1er juin 2026, une TPE de deux salariés et une grande collectivité appliquent exactement les mêmes barèmes pour le même modèle. Que vous achetiez un seul fourgon ou renouveliez deux cents véhicules, le calcul de la prime est identique, et non plus différencié selon la taille du parc ou le profil du bénéficiaire.
La liste des modèles éligibles attendue le 29 mai
L’ADEME publiera le 29 mai 2026 la liste officielle des modèles éligibles, avec les noms et numéros de type de chaque véhicule. Elle sera ensuite mise à jour chaque mois.